Retour au bercail

Me voilà de retour chez moi.

Ce voyage m’a permis de me vider la tête et de relativiser mon malheur à celui bien pire des enfants de «Maman» en Inde. Je suis encore sous le choc de ce que j’ai appris là-bas, et je sais maintenant qu’est-ce que je pourrais faire pour aider ces pauvres orphelins.

Durant tout le temps qu’a duré mon vol, j’ai écrit. J’ai parlé des injustices que j’ai vues là-bas, des paysages, des gens que j’ai rencontrés… J’ai fait en quelque sorte un livre basé sur mon blogue. Toute la frustration que j’avais gardée en moi est sortie par les mots que j’ai utilisés pour faire passer mon message. Dès que nous sommes atterris et que j’ai eu accès à un réseau, j’ai envoyé à mon éditeur ce que j’avais pondu.

J’espère – et je crois bien – que le roman sera publié, car je veux pouvoir être d’une quelconque aide pour ces pauvres enfants. Je veux que le monde entier soit au courant de ce qu’on leur fait subir et je veux qu’on arrête «Maman» et tous les hommes comme lui.

Comme je ne pouvais rien y faire, seule, j’ai décidé d’appeler un public plus large, tous ceux qui me liront. Car on ne peut rien faire, seul contre des gangsters. Cependant, on peut agir lorsqu’on est plusieurs et que tout le monde met la pression sur les autorités indiennes.

Je suis très heureuse de ce que ce voyage m’a montré, et je me sens bizarrement plus épanouie et tranquille qu’avant de partir. Il ne me reste maintenant qu’une étape afin de pouvoir continuer mon chemin : aller m’excuser auprès de mes enfants.

Ce fut un plaisir de communiquer avec vous tout le long de cette aventure, j’espère vous avoir informés et suscité quelque réaction chez vous.

Sur ce,

À bientôt!

Il faut agir

Il faut faire quelque chose. Je ne peux pas continuer à avancer dans le monde en sachant que les gens ne savent pas ce qui se passe dans les bâtisses comme celles de «Maman». Je suis découragée par les être cruels comme lui qui pourraient faire autant de mal et profiter ainsi de pauvres enfants sans défense. Je ne comprends et ne comprendrai jamais comment on peut devenir ainsi, comment on peut profiter et abuser d’enfants comme ça.

On ne peut blesser volontairement des enfants et les faire mendier juste pour faire de l’argent en étant sain mentalement. C’est impossible pour quelqu’un dont la santé mentale n’est pas compromise de dormir le soir en sachant tout le mal qu’on fait aux enfants. Je voudrais les voir tous arrêtés. Ce qui me frustre encore plus est que je suis certaine que «Maman» n’est pas le seul être dégoûtant de son espèce. Ils sont plusieurs, et ils sont en liberté.

Ce simple fait m’enrage à un point tel que je ne pense qu’à cela, ça m’obsède et je veux dénoncer les malfaiteurs afin que les autorités réagissent et fassent quelque chose. Je voudrais écrire un article, un texte, un roman, une biographie, quelque chose! Je voudrais changer quelque chose à l’enfer que ces enfants vivent chaque jour.

Et je me promets que j’essaierai. Il le faut. Il faut quelqu’un pour défendre ces enfants face au monde cruel qui les a accueilli. Il faut quelqu’un pour leur montrer que la Terre peut être une place agréable où vivre, sans la peur constante de se faire faire du mal.

Résumé

Voici le résumé du chapitre 10 000 (une pensée pour les infirmes)

Ram Mohammad Thomas est placé dans une maison de correction pour jeunes garçons orphelins après la mort de son père adoptif, Père Timothy. C’est là où il rencontrera Salim, un garçon un peu plus jeune que lui qui deviendra son meilleur ami. Le directeur de la bâtisse s’appelle Gupta, et le soir, demande à un garçon de venir dans sa chambre. Un certain soir, Gupta appelle Salim à sa chambre, et Ram décide de le suivre et de se cacher afin de voir de qu’est-ce qui se passera.

C’est alors que Gupta ordonne à Salim de baisser ses pantalons. Ram, voyant qu’il y avait là un abus d’autorité, commença à hurler. Il réveille tout le monde du bâtiment. Gupta devint le pire ennemi de Ram depuis ce jour.

Un jour, ils se rendent tous en autocar au zoo et ensuite à la porte de l’Inde où il y a une grande fête. On leur donne à chacun 10 roupies et Salim tire Ram vers un vieil homme qui lit les lignes de la main. Il prédit à Salim un avenir brillant dans le monde du cinéma et, à Ram, de la malchance dans son parcours futur. Alors qu’ils partent, le voyant donne à Ram une pièce porte-bonheur.

Plusieurs jours plus tard, Sethji, le représentant d’un mystérieux personnage dont personne ne connait vraiment la fonction, arrive et se doit de choisir des garçons pour les amener à Mumbai. Ils veulent tous être choisis, mais c’est Salim qui a ce privilège. Ram le suit, fortement proposé par Gupta qui veut s’en débarrasser.

Lorsqu’ils arrivent, ils voient une grande bâtisse délabrée dont les hauts murs sont couverts de fils barbelés. Ils entrent et on leur décrit le bâtiment comme l’école pour infirmes. Ils rencontrent les jeunes garçons de l’école, tous handicapés physiquement. Ram et Salim ont des cours de chant, et c’est lorsqu’ils se lient d’amitié avec Ashok, un garçon de 13 ans au bras déformé, qu’ils apprennent que les enfants ne sont pas écoliers, mais bien mendiants. On les rend infirme afin d’attirer la pitié sur eux et ils doivent rapporter au moins 100 roupies chaque jour à «Maman», le mystérieux personnage qu’on leur décrivait à la maison de correction.

Un soir, Ram et Salim se dirigent vers le bureau de Maman pour remettre un billet de 100 roupies qu’ils ont trouvé. C’est alors qu’ils surprennent une conversation dont ils sont le principal sujet. Ram comprend que Maman et ses hommes veulent les rendre infirmes ce même soir. Il dit à Salim qu’ils doivent partir, et ils se sauvent de la bâtisse, sautent dans un train et se dirigent vers la maison d’une actrice, dont un garçon leur avait parlé, qui cherchait un domestique.

Dans le train qui les y mène, un jeune aveugle chante et mendie, et Ram comprend qu’il n’est pas né comme ça, qu’on l’a rendu ainsi. Salim donne au jeune garçon le billet de 100 roupies qu’ils avaient trouvé, la mine chagrinée.

Chaos à Mumbai

Tant qu’à faire un voyage dans un pays étranger, autant en profiter pour l’explorer, non? Aujourd’hui, je suis allée visiter Mumbai, je vais vous en décrire mes impressions dans ce billet.
La première chose que j’ai remarquée fut l’énorme écart entre les classes sociales. À Mumbai, il y a les palais et les bidonvilles, la richesse et la pauvreté, et ce sont des classes très définies. De plus, j’ai trouvé la ville très bruyante et chaotique. Ça bouge tout le temps, même la nuit! Par exemple, en sortant de mon hôtel, je me suis fait bousculer, les trottoirs étaient bondés et on doit se faufiler si on veut passer. Ici, il n’y a pas de temps pour laisser passer les gens, tout le monde fonce en même temps.
Aussi, la chaleur était étouffante. Je ne sais pas si c’est à cause de tout ce monde, mais je m’étais mis des vêtements très légers et j’avais le visage tout rouge, des gouttes de sueurs perlant de partout.
Cependant, malgré les côtés négatifs que j’ai trouvés à la ville, je l’ai trouvée très belle. Les monuments étaient impressionnants et j’ai beaucoup apprécié les voir en direct, et non à travers l’écran de mon ordinateur, comme si je faisais une recherche Internet. Par exemple, la Porte de l’Inde était à couper le souffle, et la voir comme ça est certainement un des points forts de mon voyage.
En bref, on pourrait décrire Mumbai comme une ville chaotique, dont les écarts entre les classes sociales sont extrêmes, mais dont le paysage reste magnifique.

http://www.20minutes.fr/magazine/voyage/tourisme/mumbai-la-ville-des-extremes-96358/

Les bajhans de Surdas

Lors d’un de mes déplacements en train, j’entendis une petite voix qui chantait et qui emplissait le wagon d’une mélodie entrainante et douce à la fois. Je fermai les yeux et me laissai bercer par la musique. C’est alors qu’on me secoua vigoureusement l’épaule, et j’ouvris mes yeux. Un petit garçon était devant moi.

–Dites, vous voulez en apprendre plus sur la musique qu’on entend? Si vous me donnez quelques roupies je peux vous en informer! s’exclama-t-il en anglais. J’aimerais aller m’acheter une glace, mais mes parents ne veulent pas me donner de l’argent. Et j’ai appris l’histoire des bajhans de Surdas en cours! Oh et zut, je viens de vous révéler c’est quoi. Bon, et bien au revoir, merci de votre attention.

Je n’eus pas le temps de placer un mot, mais cette musique m’intéressait, et je comptais bien faire une petite recherche en arrivant à l’hôtel. Ça me changerait les idées, pour un moment.

Grâce à Internet, j’appris que Surdas était un poète dont les paroles de chansons étaient principalement dédiées au dieu Kroshna. De plus, on dit que Surdas était aveugle. Selon Google images, Surdas ressemblerait à l’image que j’ai jointe ci-dessous.

Le site sur lequel j’ai trouvé mes informations est celui-ci (en anglais, cependant) : http://www.britannica.com/biography/Surdas

Triste découverte

Je suis encore ébranlée par la rencontre que j’ai eue hier avec le gangster qu’on appelle «Maman». J’ai décidé de vous la décrire, après une nuit de sommeil, afin de rassembler mes idées et de calmer le feu qui bouillait en moi.

Commençons par où j’avais arrêté hier. Je suis sortie de la petite salle insalubre et j’ai longé un couloir. J’entendais des bribes de conversations ici et là, et lorsqu’une porte me barra le chemin, des voix qui s’élevaient attirèrent mon attention.

« — Tu es privé de nourriture pour la journée! s’exclama une voix dure et forte.

— D’accord, Maman…

— Et ne t’avise plus de me ramener moins de 100 roupies, car la prochaine fois, tu seras puni pendant une semaine.

— …

— Tu as compris?!

— Oui, Maman.

— Bon débarras! »

Un peu plus loin, j’entendis un hurlement et des pleurs d’enfant. Je me dissimulai dans un coin et vit un garçon sortir avec difficulté en béquilles, semblant nouvellement infirme, que je pus déduire avec les plaies rougeâtres apparaissant derrière le bandage qui cachait son moignon de jambe. Il pleurait à chaudes larmes et un monsieur costaud le poussait à aller plus vite et à arrêter de chialer.

Je n’en croyais pas mes yeux. Je ne comprenais pas. Comment peut-on faire du mal à des enfants ainsi? Comment peut-on attendre d’eux de l’argent à la place de le gagner soi-même? J’étais ébranlée, confuse, triste, mais l’émotion la plus forte qui m’habitait était la rage. J’étais extrêmement fâchée par la situation, et par ma spontanéité, cognai à la porte d’où était sorti l’enfant puni pour n’avoir pas rapporté assez d’argent.

— Entrez! cria une voix dure et méchante.

J’ouvris la porte et, voyant qu’ils avaient affaire à une femme, les hommes se redressèrent et un de ceux-ci, celui qui avait cruellement réprimandé l’enfant et qui j’imaginais être «Maman» prit une voix mielleuse pour m’accueillir.

— Bonjour gente dame, que venez-vous faire ici?

Je sortis la première chose qui me passa par la tête.

— Je suis inspectrice de la qualité. Pourrais-je faire un tour des locaux?

Maman était un homme costaud et son regard dur me faisait ressentir de la peur, que je dissimulai sous un masque rigide. Mais, à l’annonce de ma fausse profession, son visage se décomposa.

Un des deux autres hommes s’avança et, ne semblant pas impressionné par mon stratagème, demanda à voir ma license ou mon badge.

— Je… Je ne l’ai pas sur moi présentement, bafouillai-je en rougissant.

Maman sembla reprendre son sang froid et fit un signe aux deux autres hommes en me disant:

— Et bien, vous reviendrez quand vous l’aurez.

À peine eus-je ouvert la bouche pour protester que les deux gorilles qui lui tenaient de gardes du corps m’empoignèrent par les bras afin de me sortir du batiment. Je me débattis, fachée et indignée, mais rien n’y fis. Ils me jetèrent à la rue et, lorsqu’ils eurent fermé la porte, je criai:

— Je vous dénoncerai au commissariat!

Je me relevai et partis, ne sachant quoi faire d’autre. Je sortis du quartier, pris le train et me trouvai un hôtel où passer la nuit. J’étais découragée par le sort que Maman faisait subir à ces pauvres enfants et j’aurais voulu y faire quelque chose.

Ce sont les brutes comme Maman qu’on devrait rendre infirmes, pas les pauvres enfants qui n’ont rien fait pour mériter cela. Abuser d’enfants orphelins et innocents comme cela, c’est cruel, atroce et inhumain. Je ne peux exprimer par écrit mon dégoût face aux hommes comme Maman, car ma rage contre ces créatures est si grande qu’elle seule pourrait briser leurs os.

Ci-joint, j’ai mis une image d’une bâtisse qui ressemble à celle où Maman enferme les enfants.

Rencontre de Ram et Radhey

À peine suis-je descendue du train – on m’a dirigée vers ce transport à la sortie de l’avion-, qu’un jeune garçon m’assaille. Il est unijambiste et me tend la main, dans l’espoir que je lui donne quelques roupies. Fatiguée, confuse, je sors mon porte-monnaie et me rend compte que je n’ai que de l’argent canadien. J’essaie de faire comprendre au garçon que je n’ai pas d’argent sur moi, mais je prends en pitié son air désespéré. Je prends une chance et je commence à lui parler en anglais, mais ses yeux ronds me font comprendre qu’il ne comprend rien à mes paroles. Heureusement, un autre garçon arrive en renfort devant moi et se présente, en anglais :

« — Bonjour madame, je m’appelle Ram, et mon ami ici s’appelle Radhey. Auriez-vous quelques roupies à nous donner, s’il vous plait?

— Bonjour Ram. Comme j’essayais d’expliquer à votre ami, je viens du Canada et je n’ai que de l’argent canadien avec moi. Savez-vous s’il y a un guichet quelque part où je pourrais retirer des roupies?

— Oui, suivez-moi, si vous voulez! »

Et ainsi, nous nous dirigeâmes tous les trois vers un endroit où je pourrais retirer de l’argent. En chemin, Ram expliqua brièvement à Radhey vers où nous allions.

Je retirai pour environ 100$ canadien – j’ai été surprise de voir que 1$ canadien équivalait à une cinquantaine de roupies. En sortant du guichet, j’ai donné 100 roupies à chaque enfant, et le regard qu’ils m’ont rendu valait tout l’or du monde. Ram m’a remerciée mille fois, suivi de Radhey, celui-ci dans sa langue maternelle. Ils partirent, semblant soulagés.

Intriguée, je décidai de les suivre afin de voir où ils allaient comme ça – une auteure comme moi est toujours à l’affut d’une nouvelle histoire. Ces petits garçons ont fait sortir la mère protectrice en moi et j’aurais voulu les amener avec moi pour que rien ne leur arrive. Ils m’inspiraient confiance et je ne regrettais pour rien au monde de leur avoir donné un peu d’argent. Ce ne sont que les gens riches qui affirment que « L’argent ne fait pas le bonheur! », car à voir l’expression de ces enfants pauvres, ces centaines de roupies semblaient résoudre tous leurs problèmes.

Je les suivis pendant une vingtaine de minutes. Ils entrèrent dans une grande bâtisse délabrée entourée de hauts murs d’où courraient des fils de barbelés. Je fus ébranlée par ce décor et me demandai : «Mais qu’est-ce que des enfants font dans une maison comme celle-ci?». Mon for intérieur me disait de me sauver de cet endroit le plus vite possible, mais la mère poule en moi me disait de suivre les garçons et découvrir les conditions de vie dans lesquelles ils grandissaient, afin de pouvoir les protéger, ou du moins les aider.

Je suivis mon instinct et entrai dans la bâtisse. Je traversai un long couloir vide, et lorsque j’entendis des bruits de pas, entrai dans la salle la plus proche. Celle-ci semblait vieille et sale et plusieurs trous ornaient son mur. Je fermai doucement la porte, question de n’être vu par personne dans ma mission d’espionnage qui me faisait sentir comme dans un «thriller». Je regardai donc à travers les trous, et ce que je vis me terrifia au premier coup d’oeil, et m’attrista soudain. La salle était remplie d’enfants infirmes comme Radhey. Seulement, certains étaient aveugles, d’autres avaient perdu leurs bras. Je crus d’abord être entrée dans un hôpital, ou quelque chose dans le genre, mais le bâtiment ne m’inspirait rien de bon et je décidai de l’explorer plus en profondeur pour continuer ma petite enquête…

Un nouveau départ

Je ne sais pas pourquoi je suis partie, je ne sais pas pourquoi je les ai laissés, mais je sais que je devais changer d’air. Je n’étais plus capable de l’ambiance morbide qui était dans ma maison. Je ne sais pas quand je vais revenir, je viens de remarquer vers quelle ville je m’envole : Mumbai. Dans mon emportement, je ne me suis souciée que de l’heure d’embarquement de mon billet sans regarder vers où je m’en allais. Mumbai. Voilà une destination qui différera de mon environnement habituel de Québécoise bien nantie.

Je me rends compte, maintenant que j’ai eu le temps de réfléchir, que je n’aurais pas dû laisser ma famille seule. Mais, il est trop tard. Je ne peux plus reculer : l’avion est sur le point de décoller. Tout compte fait, j’aurais peut-être dû choisir une destination moins loin de chez moi. J’espère que mes enfants liront ce blog, ça leur permettrait de voir que je les aime encore et qu’ils ne sont pas la raison de mon départ, loin de là…

Bref, puisque je serai enfermée ici pendant au moins 16h, autant bien écrire pour me vider les pensées. Je publierai ce billet lorsque j’atterrirai. Peut-être que ce voyage me donnera de l’inspiration pour un prochain roman. Il faut dire que l’environnement que je viens de quitter ne m’aidait pas beaucoup. Mon éditeur sera content! Quoique ça fait un petit bout que je lui ai parlé, à celui-là. Je crois que ce voyage me permettra de faire une réflexion sur moi-même, comprendre ce qui m’a poussée à bout ainsi. Au fait, je m’appelle Caroline. J’espère, chers lecteurs, que vous retirerez quelque chose de ce blog.