Rencontre de Ram et Radhey

À peine suis-je descendue du train – on m’a dirigée vers ce transport à la sortie de l’avion-, qu’un jeune garçon m’assaille. Il est unijambiste et me tend la main, dans l’espoir que je lui donne quelques roupies. Fatiguée, confuse, je sors mon porte-monnaie et me rend compte que je n’ai que de l’argent canadien. J’essaie de faire comprendre au garçon que je n’ai pas d’argent sur moi, mais je prends en pitié son air désespéré. Je prends une chance et je commence à lui parler en anglais, mais ses yeux ronds me font comprendre qu’il ne comprend rien à mes paroles. Heureusement, un autre garçon arrive en renfort devant moi et se présente, en anglais :

« — Bonjour madame, je m’appelle Ram, et mon ami ici s’appelle Radhey. Auriez-vous quelques roupies à nous donner, s’il vous plait?

— Bonjour Ram. Comme j’essayais d’expliquer à votre ami, je viens du Canada et je n’ai que de l’argent canadien avec moi. Savez-vous s’il y a un guichet quelque part où je pourrais retirer des roupies?

— Oui, suivez-moi, si vous voulez! »

Et ainsi, nous nous dirigeâmes tous les trois vers un endroit où je pourrais retirer de l’argent. En chemin, Ram expliqua brièvement à Radhey vers où nous allions.

Je retirai pour environ 100$ canadien – j’ai été surprise de voir que 1$ canadien équivalait à une cinquantaine de roupies. En sortant du guichet, j’ai donné 100 roupies à chaque enfant, et le regard qu’ils m’ont rendu valait tout l’or du monde. Ram m’a remerciée mille fois, suivi de Radhey, celui-ci dans sa langue maternelle. Ils partirent, semblant soulagés.

Intriguée, je décidai de les suivre afin de voir où ils allaient comme ça – une auteure comme moi est toujours à l’affut d’une nouvelle histoire. Ces petits garçons ont fait sortir la mère protectrice en moi et j’aurais voulu les amener avec moi pour que rien ne leur arrive. Ils m’inspiraient confiance et je ne regrettais pour rien au monde de leur avoir donné un peu d’argent. Ce ne sont que les gens riches qui affirment que « L’argent ne fait pas le bonheur! », car à voir l’expression de ces enfants pauvres, ces centaines de roupies semblaient résoudre tous leurs problèmes.

Je les suivis pendant une vingtaine de minutes. Ils entrèrent dans une grande bâtisse délabrée entourée de hauts murs d’où courraient des fils de barbelés. Je fus ébranlée par ce décor et me demandai : «Mais qu’est-ce que des enfants font dans une maison comme celle-ci?». Mon for intérieur me disait de me sauver de cet endroit le plus vite possible, mais la mère poule en moi me disait de suivre les garçons et découvrir les conditions de vie dans lesquelles ils grandissaient, afin de pouvoir les protéger, ou du moins les aider.

Je suivis mon instinct et entrai dans la bâtisse. Je traversai un long couloir vide, et lorsque j’entendis des bruits de pas, entrai dans la salle la plus proche. Celle-ci semblait vieille et sale et plusieurs trous ornaient son mur. Je fermai doucement la porte, question de n’être vu par personne dans ma mission d’espionnage qui me faisait sentir comme dans un «thriller». Je regardai donc à travers les trous, et ce que je vis me terrifia au premier coup d’oeil, et m’attrista soudain. La salle était remplie d’enfants infirmes comme Radhey. Seulement, certains étaient aveugles, d’autres avaient perdu leurs bras. Je crus d’abord être entrée dans un hôpital, ou quelque chose dans le genre, mais le bâtiment ne m’inspirait rien de bon et je décidai de l’explorer plus en profondeur pour continuer ma petite enquête…

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