Triste découverte

Je suis encore ébranlée par la rencontre que j’ai eue hier avec le gangster qu’on appelle «Maman». J’ai décidé de vous la décrire, après une nuit de sommeil, afin de rassembler mes idées et de calmer le feu qui bouillait en moi.

Commençons par où j’avais arrêté hier. Je suis sortie de la petite salle insalubre et j’ai longé un couloir. J’entendais des bribes de conversations ici et là, et lorsqu’une porte me barra le chemin, des voix qui s’élevaient attirèrent mon attention.

« — Tu es privé de nourriture pour la journée! s’exclama une voix dure et forte.

— D’accord, Maman…

— Et ne t’avise plus de me ramener moins de 100 roupies, car la prochaine fois, tu seras puni pendant une semaine.

— …

— Tu as compris?!

— Oui, Maman.

— Bon débarras! »

Un peu plus loin, j’entendis un hurlement et des pleurs d’enfant. Je me dissimulai dans un coin et vit un garçon sortir avec difficulté en béquilles, semblant nouvellement infirme, que je pus déduire avec les plaies rougeâtres apparaissant derrière le bandage qui cachait son moignon de jambe. Il pleurait à chaudes larmes et un monsieur costaud le poussait à aller plus vite et à arrêter de chialer.

Je n’en croyais pas mes yeux. Je ne comprenais pas. Comment peut-on faire du mal à des enfants ainsi? Comment peut-on attendre d’eux de l’argent à la place de le gagner soi-même? J’étais ébranlée, confuse, triste, mais l’émotion la plus forte qui m’habitait était la rage. J’étais extrêmement fâchée par la situation, et par ma spontanéité, cognai à la porte d’où était sorti l’enfant puni pour n’avoir pas rapporté assez d’argent.

— Entrez! cria une voix dure et méchante.

J’ouvris la porte et, voyant qu’ils avaient affaire à une femme, les hommes se redressèrent et un de ceux-ci, celui qui avait cruellement réprimandé l’enfant et qui j’imaginais être «Maman» prit une voix mielleuse pour m’accueillir.

— Bonjour gente dame, que venez-vous faire ici?

Je sortis la première chose qui me passa par la tête.

— Je suis inspectrice de la qualité. Pourrais-je faire un tour des locaux?

Maman était un homme costaud et son regard dur me faisait ressentir de la peur, que je dissimulai sous un masque rigide. Mais, à l’annonce de ma fausse profession, son visage se décomposa.

Un des deux autres hommes s’avança et, ne semblant pas impressionné par mon stratagème, demanda à voir ma license ou mon badge.

— Je… Je ne l’ai pas sur moi présentement, bafouillai-je en rougissant.

Maman sembla reprendre son sang froid et fit un signe aux deux autres hommes en me disant:

— Et bien, vous reviendrez quand vous l’aurez.

À peine eus-je ouvert la bouche pour protester que les deux gorilles qui lui tenaient de gardes du corps m’empoignèrent par les bras afin de me sortir du batiment. Je me débattis, fachée et indignée, mais rien n’y fis. Ils me jetèrent à la rue et, lorsqu’ils eurent fermé la porte, je criai:

— Je vous dénoncerai au commissariat!

Je me relevai et partis, ne sachant quoi faire d’autre. Je sortis du quartier, pris le train et me trouvai un hôtel où passer la nuit. J’étais découragée par le sort que Maman faisait subir à ces pauvres enfants et j’aurais voulu y faire quelque chose.

Ce sont les brutes comme Maman qu’on devrait rendre infirmes, pas les pauvres enfants qui n’ont rien fait pour mériter cela. Abuser d’enfants orphelins et innocents comme cela, c’est cruel, atroce et inhumain. Je ne peux exprimer par écrit mon dégoût face aux hommes comme Maman, car ma rage contre ces créatures est si grande qu’elle seule pourrait briser leurs os.

Ci-joint, j’ai mis une image d’une bâtisse qui ressemble à celle où Maman enferme les enfants.

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